Ecole Noire 2017




Formation : Le conteur et ses interdits
Direction Myriam Pellicane
Cie Izidoria



Programme de « l'école noire » , un cycle de formation pour conteurs professionnels
projet conventionné AFDAS
le Centre des Arts du Récit en Isère
lieu : le Château d'Oléron, résidence d'artiste et théâtre de la Citadelle.



Le Conteur et ses Interdits

Par la mise en mouvement du corps et la voix, ce stage propose un travail sur l'attention.

Il s'agit d'un entrainement pour se préparer à mettre en jeu des histoires non-ordinaires ou à transgresser les interdits de l'expression, c'est aussi une exploration du déraisonnable et des limites où chaque participant oscille entre poésie et animalité pour danser avec les origines du langage, retrouver sa part sauvage, plus ténébreuse et comme un enfant lucide, donner ce voyage en partage.

Entrainement corporel

1 - Le silence
Il s'agit de porter l'attention du conteur sur la respiration, l'amplitude vocal, le regard et la geste du récit : l'attention à soi, au monde.
En silence, prendre conscience de ses appuis, de l'espace : trouver de nouveaux équilibres dans des séries de : « ne-pas-faire » pour se décaler et rester actif sans aucun effort.
Ce travail du mouvement connecte le conteur à la perception plutôt que l'interprétation.
Comment se mettre en condition pour travailler la précision, précision qui apporte au conteur la détermination, la vivacité et l'audace.
Mélange de vivacité, de tension soutenue et de lenteur délibérée où domine le silence.
Un état de conscience affuté qui met l'animalité au service de la mémoire.

2 - La voix
A travers des postures en jeu et des séquences d'improvisations spontanées, le conteur cherchera des ouvertures vocales, aux origines du langage, une voix qui ré apprend à se mettre en accord avec le mouvement, le regard et l'articulation.
Une voix qui transgresse les habitudes, explore des zones inconnues et porte son attention sur le chemin à parcourir et le processus rituel.
Un état de conscience affuté qui met l'animalité au service de la mémoire.

Le Récit

1 – Le Répertoire
Toutes les histoires sont elles bonnes à dire ?
La connaissance du répertoire traditionnel : le conte merveilleux et les mythes.
Qu'est ce que ce répertoire nous révèle en jeu ? Qu'est ce que le conteur s'interdit ? Travail sur la limite et le sacré.
Quel récit aujourd'hui ? Mauvais genre ? Performance ? Trans-genre ? Travail sur l'intime, la poésie, le sauvage.

2- La densité de la parole
Le silence au coeur d'un récit pose la question de l'engagement du conteur.
Comment porter un récit de manière à révéler ou donner à voir tout le mystère qu'il contient, afin de toucher à l'universel et pouvoir offrir le trouble plutôt que le malaise, la merveille plutôt que la crainte.
Travail sur la prononciation, la texture, la musicalité du langage.
Travail sur le rythme narratif à partir du mouvement.

3 – Dissonance
Comment trouver la légitimité, la singularité de sa voix, de son univers.
La posture pour le conteur qui raconte des histoires d'après minuit est de dénicher des dissonances qui décalent, dérangent et ouvrent des espaces d'inventions et de grâce.
Comment embarquer un public vers l'inconnu, sans jamais retenir le flux vibratoire de la parole, de manière à garder de façon continue, cette adresse direct et bienveillante au public.
Comment être subversif dans le sens littérale, explorer les trésors souterrains contenus dans les histoires, les sub-versions.

Intervenante : Myriam Pellicane

Myriam Pellicane, directrice artistique de la compagnie Izidoria, à la croisée des arts de la parole, du théâtre contemporain, de la danse et de la musique, inscrit son travail et sa recherche au coeur des courants actuels, de la pop culture et de toutes les paroles émergents qui bousculent et enrichissent la question du mythe aujourd'hui.

L'originalité de ses actes artistiques est ce lien ré-inventé sans cesse entre l'héritage traditionnel et les rites de passages. Son terrain de prédilection étant la passion des limites et le récit qui touche à la mutation de soi et du monde.

Le concept général de sa pratique est une attention soutenue portée sur la voix et le corps ( bien plus que le sens) qui suit pas à pas l'action en cours.
La présence du conteur se manifeste à travers la texture et l'amplitude vocale, il est à l'écoute de ce qui l'entoure et s'engage.

 

Myriam Pellicane travaille depuis 15 ans avec Mireille Antoine et Vicente Fuentes.
Ces deux comédiens, spécialistes de la voix, descendants de l'Ecole de de Roy Hart questionnent sans cesse sur l'exploration de la geste vocale.
Myriam Pellicane a aussi une pratique du récit sur les scènes rock et musiques innovantes et improvisées.

Myriam Pellicane explore avec Didier Kowarsky, conteur et chercheur, le discours, le sous-discours et la vibration de la parole. Leur intérêt commun pour le mythe et les contes merveilleux poussent leurs investigations sur la question de la tradition aujourd'hui et de cette parole, cette oralité, cette adresse direct au public.

Myriam Pellicane soutient aussi la jeune génération à travers ses résidences dans les collèges et les lycées mais aussi avec les nouveaux conteurs du réseau national.

Intervenantes pour septembre 2017 : Myriam Pellicane et Mireille Antoine
14 conteurs professionnels , 10 jours

Myriam Pellicane : le conteur et ses interdits, approfondissement.
La technique vocale précieuse pour le conteur qui donne des représentations dans des lieux et des publics très différents, la voix étant son seul outil véritable, myriam Pellicane invite Mireille Antoine, sur un stage plus long, afin de travailler la voix sur 4 jours supplémentaires.

Planning , 14 conteurs pros

Lundi 4 septembre, arrivée au Château d'Oléron ( gare la plus proche Surgères)

lieu de travail : salles du Château de la Citadelle
Mardi 5 septembre : 9H30/13H échauffement et travail vocal collectif
15H 18H impromptus avec Mireille Antoine

Mercredi 6 septembre, Jeudi 7 septembre, vendredi 8 septembre : travail vocal par petits groupe avec Mireille Antoine. Temps libre/ Chant, Conte, mouvement avec Myriam Pellicane.
9H30/13H et 15H/19H

Samedi 9 septembre : représentation au théâtre du Château de la Citadelle.

Dimanche 10 septembre : avec Myriam Pellicane 14H/19H

du lundi 11 au jeudi 14 septembre : avec Myriam Pellicane
9H30/13H et 15H/19H

Vendredi 15 septembre : retour





Mireille Antoine
"La voix est le muscle de l'âme" (A. Wolfsohn)

Objectif : Etre capable de déceler et changer les habitudes susceptibles d’entraîner des dysfonctionnements de la voix et du corps, et de maîtriser sans tensions sa voix et l’implication corporelle qu’elle nécessite.


Equilibre, concentration, fluidité, organicité, présence à soi-même et à l'espace.
Découvrir sa voix, se reconnaître, se laisser "dire".
Le travail vocal s'appuie sur la conscience du souffle, de la posture et de l'équilibre entre la présence interne et externe.
Texture, timbre, placement de la voix et du corps conduisent à la parole.
Cette parole naît de la matière sonore, de l'engagement personnel dans son univers propre.


1)Prise de conscience des appuis, des supports, du souffle.
Observation du schéma corporel et de son usage physique et vocal.
Non fiabilité des sensations. Notion du Non Faire.


2)Soutien, Respiration, Attaques et terminaisons de notes.
Détente de la mâchoire, de la langue, projection de la voix.
La vibration, les résonnateurs : le corps est un instrument sonnore, la voix un support accoustique du langage.
Le plaisir est le moteur de la justesse.

3) Equilibre, concentration, fluidité, «organicité », présence à soi-même et à l’espace.
Jouer de sa voix, ses possibilités, sa richesse, sans se limiter à la production d’un timbre particulier.
Conscience et contrôle de la matière sonore. Exploration de matières sonores vocales
Un travail sur les registres, les timbres, les rythmes, l'adresse direct à un auditoire, les "sous textes", la trajectoire vocale au service du jeu de l'acteur.


MIREILLE ANTOINE :
Comédienne, marionnettiste, metteur en scène.
Formations et empreintes marquantes :
Roy Hart Théâtre (Vicente Fuentès)
Théâtre du Mouvement (Paris, Claire Heggen)
Chant tzigane (Ida Kelarova)
Chant populaire (Giovanna Marini)
Gestuelle et rhétorique Baroque (Nicole Rouillé) 

Mireille Antoine poursuit une recherche vocale avec le Roy Hart Théâtre depuis 1978.
Son travail s'appuie principalement sur le réveil de la mémoire sensible et l'exploration des possibilités vocales au service du jeu de l'acteur.
L'histoire est « une mise en partition », la pensée est « chair », le sens nait de la matière sonore, de la vibration, de l'énergie des mots et de l'engagement personnel dans ce qui est en cours.




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