SISTAS La femme conteuse



Page en construction!



Ce projet a été conçu entre Myriam Pellicane Cie Izidoria (FR) et Catherine Gaillard Cie Séléné (CH).
Sur la route des Festivals des Arts du Récit en France, en Belgique, au Québec et en Suisse, ces deux conteuses ont observé l'intérêt de se retrouver entre femmes de parole pour débattre de la discipline.

Myriam Pellicane et Catherine Gaillard présentent des tempéraments artistiques très différents et très complémentaires, toutes deux conteuses depuis l'an 2000, elles sont structurées en compagnies,
et produisent des spectacles pour tous les publics, en collectif ou en solo, elles explorent les arts de la scène et le conte, la performance, la transdisciplinarité et la question de la transmission.
Toutes deux peuvent déjà donner un aperçu de l'engagement et de la détermination de la place de la femme dans ce domaine.
Deux parcours qui ont en commun une énergie bienveillante qui est susceptible de rassembler et de fédérer des femmes sur les questions brûlantes des grandes orgues de l'oralité contemporaine.





1 – Le point de vue de Myriam Pellicane

Une affiche qui dévoile une guerrière ?
Sur cette affiche, Mona, une amie cosplayeuse lyonnaise, nous montre son armure en cours de construction, une armure qu'elle se fabrique toute seule : le parallèle avec l'univers de la conteuse est frappant mais il est aussi pur plaisir, respiration, amplitude, espace de repos, de liberté, retour aux sources.

Héroïnes de manga, déesses solaires ou femmes sauvages, démones ou amazones, toutes ces représentations provoquent en nous une catharsis parfaite qui relie les figures passées et présentes et pose la question de l'ambiguïté et de la puissance du féminin dans la création.

Une guerrière comme proposition audacieuse pour faire évoluer ces rencontres, entretiens, découvertes, discussions vers une clarification des pratiques et leur redonner leurs titres de noblesse, pour intriguer aussi et sensibiliser.

Qui sont ces conteuses méconnues ou reléguées au conte alternatif ?
Ne seraient ce pas elles qui vont au delà des limites et mettent à jour les courants actuelles ?
Leurs fonctions ne seraient elles pas celles de médiatrices entre mythes et réalités ? Entre les songes et le rêve éveillée ? Pourquoi ne sont elles pas mieux représenté dans le paysage culturel ?

En 2017, les Arts de la Parole se renouvellent, se réinventent encore, au gré des coupures de subventions, de la nouvelle émergence, des innovations technologiques. Autant de mutations, de bouleversements organiques qui se cherchent, et tentent la synchronisation artistique entre la sensibilité profonde des femmes, leur exigence et la rencontre en scène avec les publics.

Par ailleurs, ce tout public qui vient au Conte, toujours curieux de connaissance, de voyages vers des inconnus, visibles ou invisibles, a besoin, s'il doit se renouveler, d'écarquiller les yeux, son cœur, de se frotter à une perception plus vaste du féminin et du masculin...

Certaines femmes conteuses aujourd'hui semblent proposer des ouvrages absolument singuliers.
Sont ils potentiellement dangereux pour le programmateur ?
Et elles ? De quoi ont elles peur ?
Quelles protections pour ces rapporteuses de mystères ?
Quelle diffusion ?



Pourquoi ce projet s'appelle SISTAS ?
Ces retrouvailles a été pensé en toute loyauté pour faciliter un accès direct, fraternel, non, « sororal »... entre aventurières de tous les horizons.
Mieux que « Soeurs » qui contient une résonance religieuse, « Sistas » fait partie du jargon intime, un folklore disons, un peu rock'n'roll, il parle de résistance, d'égalité, de partage, d'extravagance, de combats.
Spontanément pour les femmes, il est réjouissant, il tranche avec l'ordinaire, refuse toute compromission et toute médiocrité.

Femmes conteuses ambivalentes
Une conteuse est de par son corps et sa voix, sa posture en scène, masculin/féminin,
sans préférence et de façon assez radical.
Sa pensée est paradoxale, contradictoire car elle est au service d'une pratique, d'un savoir faire essentiel qui se transforme sans cesse, elle ne peut pas s'enfermer dans un rôle.
Je crois fortement que les femmes n'ont pas besoin de parler à n'en plus finir de la connaissance, elles sont déjà dans le chaudron, elles ont besoin de retrouver leur place au cœur de l'expérience.

Débarrassées de la plainte ou de la victimisation, il s'agit de conscientiser le rôle de la femme dans la pratique du conte, là où l'homme n'est pas qualifié pour le faire.
Ainsi nous pourrons coopérer, nous créer un contexte, une structure qui nous convient, ainsi nous pourrons faire des propositions et nous faire entendre.






Le point de vue de Catherine Gaillard

Il nous faut dans un monde où nous n'existons que passées sous silence, au propre dans la réalité sociale, au figuré dans les livres, il nous faut donc, que cela nous plaise ou non, nous constituer nous-mêmes, sortir de nulle part, être nos propres légendes dans notre vie même..."
Monique Wittig (avant-note à La Passion de Djuna Barnes)


Passées sous silence ou demeurer dans la parole?

On peut construire une réflexion autour de trois auteures, comme trois cartes de tarot.

La première, la reine, c'est Simone de Beauvoir: «On ne naît pas femme, on le devient». Prendre conscience qu’être femme ce n’est pas naturel, c’est être construite socialement et culturellement, et que par conséquent, la place des femmes dans nos sociétés peut changer.

La deuxième, la papesse, c'est Ti-Grace Atkinson. «On ne naît pas lesbienne, on le devient Le lesbianisme n’est pas seulement une forme marginale de sexualité. Il devient «l’engagement total et volontaire d’une femme envers les autres femmes». On peut donc considérer que certaines femmes ont des relations sexuelles avec des femmes mais sans être lesbiennes au sens politique du mot, alors que d’autres n’ont jamais eu de relations sexuelles avec une autre femme mais se consacrent au mouvement féministe (dont le but est l'égalité et non pas, faudra t-il le rappeler?, le renversement de la domination) . Celles-là sont des lesbiennes au sens politique du mot.

Et puis est venue Monique Wittig, la guerrière:«Les lesbiennes ne sont pas des femmes. La «femme» n'a de sens que dans les systèmes de pensée et les systèmes économiques hétérosexuels.»
Le concept même de femme n’a de sens que dans une société hétérosexuelle qui définit les relations entre des classes «hommes» et «femmes». L’hétérosexualité est un régime politique mais il est difficile à saisir car il se fait passer pour naturel. C’est donc «naturellement» que les femmes y sont soumises à une économie hétérosexuelle qui leur incombe la tâche de la reproduction et des travaux qui y sont liés. Les lesbiennes n’étant pas définies par l’hétérosexualité échappent ainsi à la définition de ce qu’est une femme puisqu’elles n’existent que par et pour les femmes.
Elles sont donc des non-hommes ET des non-femmes. Wittig nous incite à utiliser cette position stratégique non pas pour créer une classe de plus, une classe «lesbienne», mais pour détruire le système hétérosexuel et ses catégories.
 
A nos cousines du Québec, qui nous rejoindront un des ces 4!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire