Formation Myriam Pellicane : l'interdit

 


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FORMATION




Par la mise en mouvement du corps et la voix, ce stage propose un travail sur l’attention.

Il s’agit d’un entrainement pour se préparer à mettre en jeu des histoires non-ordinaires ou à transgresser les interdits de l’expression, c’est aussi une exploration du déraisonnable et des limites où chaque participant oscille entre poésie et animalité pour danser avec les origines du langage, retrouver sa part sauvage, plus ténébreuse et comme un enfant lucide, donner ce voyage en partage.





Le Conteur et ses Interdits



Par la mise en mouvement du corps et la voix, ce stage propose un travail sur l'attention.

Il s'agit d'un entrainement pour se préparer à mettre en jeu des histoires non-ordinaires ou à transgresser les interdits de l'expression, c'est aussi une exploration du déraisonnable et des limites où chaque participant oscille entre poésie et animalité pour danser avec les origines du langage, retrouver sa part sauvage, plus ténébreuse et comme un enfant lucide, donner ce voyage en partage.


Entrainement corporel

1 - Le silence
Il s'agit de porter l'attention du conteur sur la respiration, l'amplitude vocal, le regard et la geste du récit : l'attention à soi, au monde.
En silence, prendre conscience de ses appuis, de l'espace : trouver de nouveaux équilibres dans des séries de : « ne-pas-faire » pour se décaler et rester actif sans aucun effort.
Ce travail du mouvement connecte le conteur à la perception plutôt que l'interprétation.
Comment se mettre en condition pour travailler la précision, précision qui apporte au conteur la détermination, la vivacité et l'audace.
Mélange de vivacité, de tension soutenue et de lenteur délibérée où domine le silence.
Un état de conscience affuté qui met l'animalité au service de la mémoire.

2 - La voix
A travers des postures en jeu et des séquences d'improvisations spontanées, le conteur cherchera des ouvertures vocales, aux origines du langage, une voix qui ré apprend à se mettre en accord avec le mouvement, le regard et l'articulation.
Une voix qui transgresse les habitudes, explore des zones inconnues et porte son attention sur le chemin à parcourir et le processus rituel.


Le Récit

1 – Le Répertoire
Toutes les histoires sont elles bonnes à dire ?
La connaissance du répertoire traditionnel : le conte merveilleux et les mythes.
Qu'est ce que ce répertoire nous révèle en jeu ? Qu'est ce que le conteur s'interdit ? Travail sur la limite et le sacré.
Quel récit aujourd'hui ? Mauvais genre ? Performance ? Trans-genre ? Travail sur l'intime, la poésie, le sauvage.

2- La densité de la parole
Le silence au coeur d'un récit pose la question de l'engagement du conteur.
Comment porter un récit de manière à révéler ou donner à voir tout le mystère qu'il contient, afin de toucher à l'universel et pouvoir offrir le trouble plutôt que le malaise, la merveille plutôt que la crainte.
Nommer, énumérer, faire apparaître en parlant.
La prononciation, la texture, la trajectoire, le rythme la musicalité du langage.


3 – Dissonance
Comment trouver la légitimité, la singularité de sa voix, de son univers.
La posture pour le conteur qui raconte des histoires d'après minuit est de dénicher des dissonances qui décalent, dérangent et ouvrent des espaces d'inventions et de grâce.
Comment embarquer un public vers l'inconnu, sans jamais retenir le flux vibratoire de la parole, de manière à garder de façon continue, cette adresse direct et bienveillante au public.
Comment être subversif dans le sens littérale, explorer les trésors souterrains contenus dans les histoires, les sub-versions.

Intervenante : Myriam Pellicane

Myriam Pellicane, directrice artistique de la compagnie Izidoria, à la croisée des arts de la parole, du théâtre contemporain, de la danse et de la musique, inscrit son travail et sa recherche au coeur des courants actuels, de la pop culture et de toutes les paroles émergents qui bousculent et enrichissent la question du mythe aujourd'hui.

L'originalité de ses actes artistiques est ce lien ré-inventé sans cesse entre l'héritage traditionnel et les rites de passages. Son terrain de prédilection étant la passion des limites et le récit qui touche à la mutation de soi et du monde.

Le concept général de sa pratique est une attention soutenue portée sur la voix et le corps ( bien plus que le sens) qui suit pas à pas l'action en cours.
La présence du conteur se manifeste à travers la texture et l'amplitude vocale, il est à l'écoute de ce qui l'entoure et s'engage.

Myriam Pellicane travaille depuis 15 ans avec Mireille Antoine et Vicente Fuentes.
Ces deux comédiens, spécialistes de la voix, descendants de l'Ecole de de Roy Hart questionnent sans cesse sur l'exploration de la geste vocale.
Myriam Pellicane a aussi une pratique du récit sur les scènes rock et musiques innovantes et improvisées.

Myriam Pellicane explore avec Didier Kowarsky, conteur et chercheur, le discours, le sous-discours et la vibration de la parole. Leur intérêt commun pour le mythe et les contes merveilleux poussent leurs investigations sur la question de la tradition aujourd'hui et de cette parole, cette oralité, cette adresse direct au public.

Myriam Pellicane soutient aussi la jeune génération à travers ses résidences dans les collèges et les lycées mais aussi avec les nouveaux conteurs du réseau national.








 Sherbrooke 2016, les conteurs de la Maison des Arts de la Parole






Souvenirs des sessions "interdites"!


Formation 2016, Festival des musiques du monde à Parthenay, UPCP métive
Des stagiaires hors du commun : Franck Frappa, danseur et auvergnat et Hélène Arnaud ex-malcoiffés et experte en tarentelle tarentulée!

retour d'une stagiaire :
"J'ai été touchée par ta façon d'être au plus juste de chacun, d'accompagner chacun en fonction de qui il est. IL  y a quelque chose d'ajusté et de profond, et je ne sais pas trop pourquoi je dis cela, peut-être que ça a à voir avec la capacité de Myriam Pellicane à porter à la fois le tragique et le léger."


Oléron 2014 :
                                                               

Le Phénix est un oiseau pourpre qui s'immole par le feu et renaît de ses cendres. 

Quand il est âgé de 500 ans, le Phénix se rend dans une forêt nommée Liban et remplit ses ailes de différentes plantes aromatiques et de bois, s'en construit un nid sur lequel il place des brindilles qqu'il ramasse en grande quantitié puis, s'élançant vers le soleil il en attire l'ardeur sur lui, met le feu aux sarments, se couche sur son lit, ( c'est le mois de mars) et s'immole par le feu. Le premier jour, ses cendres donnent naissance à un vers, le deuxième jour, le ver devient oiseau et le troisième il est à nouveau phénix....





Organisation et prod : Conte en Oléron... La Maison du Conte de Chevilly La Rue et la Cie Izidoria







5 jours au festival de Capbreton, Maison de l'oralité, Aout 2014





Trois jours à Matagne la Petite en Belgique , juillet 2014,
lieu d'accueil : le couvent des Carmélites!


Aline la Sardine, conteuse
Eugène GRASSET



Session de formation dans les montagnes du Vercors,
du 3 au 7 mars 2014 avec le Centre des Arts du Récit en Isère 
 12 conteurs :
venant du Labo "No(s) Limit(s)" de la Maison du Conte à Paris, 
2 du collectif du "Front de l'Est" à Mulhouse, 2 de la fédération des conteurs belges, un Fabuliste, un marionnettiste et un infirmier!
Le conteur voit le ciel DANS la terre, la mort DANS la vie, l'invisible DANS le visible, le féminin DANS le masculin et réciproquement.
 "Je suis comme toi, ô nuit! sombre et nu! je marche sur le sentier de feu qui est au delà de mes jours rêves, et là où mon pied touche terre, un chêne géant jaillit." Gibran 




www.izidoria.org


la parole est un mouvement, elle est reliée directement à la perception, la parole est une trajectoire, elle trace dans la nuit un chemin, elle s'appuie sur des postures fluides et libres, que sont les bases des arts martiaux....se bander les yeux peut quelque fois aider à rompre avec les habitudes, nommer la peur et faire de son corps un outil de transmission spontané...



Stage avec les Arts du Récit en Isère : salle de travail au village du Percy

                                             Le conte traditionnel de la mort marraine...


Dernier Stage au Québec : 
Montréal .... http://cantinemotivee.wordpress.com/ 
merci à tous les conteurs de Montréal et à Céline Jantet pour ce lieu magnifique de création artistique... la Cantine Motivée, ci dessous l'entrée et le panorama depuis la salle de travail... octobre 2013..





Les jeunes adultes de la Maison des Arts de la Parole à Sherbrooke, Québec 2013 :

une équipe de vrais conteurs : "les gentlemen complets"!





L'équipe du labo : "T'es qui toi ?"- Festival de Chiny - Belgique - 2013

Une douzaine de conteurs professionnels rassemblés aux prémisses de la 24ième edition du festival du conte de CHiny en juillet 2013.
Ces conteurs cherchent un lieu d'acueil pour Février 2014...






Au micro-labo NO(s) LIMIT(es) - Maison du Conte de Chevilly La Rue - 2011/ 2012 / 2013/2014

Cette formation a pour origine le Micro Labo de la Maison du Conte de Chevilly La Rue où Myriam Pellicane est intervenue plusieurs fois sur deux années.

Extrait de l'interview faite par Valérie de Saint Do pour la Maison du Conte :

Quand le conte dépasse les bornes

À cette question, les laborantins de « No limits » cherchent les réponses, depuis trois ans, du côté de la pratique du conteur, plutôt que du répertoire (riche comme chacun sait, en meurtres, incestes, cannibalisme et autres tabous ! )
Conversation à bâtons rompus avec les stagiaires et Myriam Pellicane, qui y intervient ponctuellement.
Ils sont onze à se retrouver tous les deux mois environ dans un micro-labo au nom évocateur, « No(s) Limit(s) » pour travailler depuis trois ans , sur le thème de l'interdit...
L'idée leur est venue, au début d''aller voir du côté du rock. Mais le rock est aujourd'hui entré dans l'institution, et le mêler à la parole n'était pas évident car il demandrait des moyens techniques que nous n'avions pas. Les laborantins ont donc exploré plus avant la notion de l'interdit, dans les textes, puis surtout dans leur pratique. « Pour moi, explique Nidal Qannary, participant référent du Labo, ce travail est en fait autour de l'engagement. Nos propositions, la première année, restaient assez formelles : le risque était de voir ce sujet aller vers la provocation facile. Nous avons évolué vers une recherche de fond, qui implique chaque personne dans sa parole. Et dans l'acte scénique dans l'acte artistique, il faut que le corps soit le premier engagé ».
Avec Myriam Pellicane, qui intervient dans le Labo deux fois par an, les conteurs disent travailler sur leurs propres limites. « transgresser un interdit, c'est intéressant si on sait précisément ce qu'on doit transgresser ! commente celle qui ne se définit pas comme « une directrice de stage qui regarderait froidement les exercices» , mais comme co-exploratrice dans le collectif.
Le soir où je rencontre le groupe – au début de la nuit d'Halloween, ça ne s'invente pas ! ils sortent d'une séance qui a porté sur le travail vocal. De manière générale, plus que sur le récit proprement dit, cette tentative de repousser les limites s'adresse au corps, aux frontières physiques de l'interdit. « je cherche à faire un travail dans lequel les conteurs oublient la raison, explique Myriam Pellicane. 
Je veux casser les automatismes du mental induits par l'écriture et en venir à l'essentiel du conteur : suivre son corps. C'est organique, il faut perdre la raison, non pour sombrer dans la folie, mais pour avoir un état d'attention et de lucidité qui vient de tous les autres sens. »
Cela ne va pas bien évidemment sans résistances. On va très loin dans les possibles, confie une stagiaire qui déclare avoir sortit un son « dont elle ne se croyait pas capable.» « On est surpris de ce qui peut sortir de nous, un geste, un son. Reviennent des peurs ancestrales contre lesquelles on croit devoir s'armer : les cauchemars, la mort, comme la crainte d'être en scène. . Un autre salue avec humour l'audace et l'insolence de l'expérience : « je me suis procuré un sabre pour frôler le crâne des spectateurs je préfèrerai pour toucher à mes ténèbres, ou pour éprouver mon intention et j'ai raconté Barbe Bleue à des mariés, raconte-t-il en riant. Certains laborantins avouent avoir quitté temporairement le Labo « parce que parfois, c'est trop ». L'excès est revendiqué : « parfois, pour trouver un son d'amour, de don, il faut hurler avant ! De même que c'est parfois après avoir pleuré un bon coup que la parole est le plus authentique. Au fond, on va explorer ses limites pour mieux atterrir après. La transgression, ce n'est qu'une boîte à outil pour parvenir finalement à une quelque chose de très baba-cool ! s'amuse Myriam
Dans cette exploration qui n'est pas sans risques ni blocages, c'est la confiance créée au sein du collectif qui permet d'avancer. Et en trois ans, le collectif s'est manifestement soudé. À tel point, disent les participants,que tout le monde est acteur de ce qui se passe sur scène, même lors
d'exercices individuels. « On se connait si bien qu'on sait quand l'autre bloque, comme on sait quand il décolle ».
Confiance et l'humour : on rit et on vanne manifestement beaucoup dans la confiance commune, précisément parce que la prise de risque commune exclut le jugement. Le rire lui aussi est visiblement partie prenante de la transgression!
« Si la raison ne lâche pas prise, elle juge l'autre. À partir du moment où l'on cesse de travailler avec le mental, le jugement négatif est évacué. Ça nous permet des impolitesses, d'être un peu sauvage avec l'autre ! Je peux dire à quelqu'un "tais toi" ce qui ne se ferait pas dans un autre stage. Et cela débloque des choses, c'est bénéfique, d'un jour à l'autre. » ajoute Myriam Pellicane.
Sachant que le principe du Labo No(s) limit(s)  n'est pas de travailler sur les projets des conteurs ni d'aboutir à une production. D'où la concentration sur le corps, la voix, l'attention ou ce que Myriam appelle l' «archaïsme ». C'est après que cette transgression se recycle, éventuellement, dans les créations de chacun : « Quelque chose a surgi, une liberté, une aisance que je n'aurais pas eu autrement » signale l'un des laborantins. « La dimension appliquée apparaît dans la pratique individuelle, dans la recherche de cet équilibre délicat : être à la fois en train d'embrasser l'inconnu, de regarder comment l'histoire se déroule, tout en entretenant le partage avec les gens qui nous regardent », conclut Nidal Qannary.

 
         Chevilly la Rue , la Maison du Conte, La Salle Jacqueline et le Parc de la Roseraie


Voici un retour de Pierre Desvignes, conteur :
"...à la Maison du Conte de Chevilly-La Rue, en compagnie de 6 conteurs, j’ai exploré la voix et l’espace vide pour en découvrir des substances organiques bénéfiques à l’exercice de mon art sous le regard ponctuel et défrichant de Myriam Pellicane. 
Il s’agit d’une exploration et d’un engagement exigent. Voir et ressentir, aller là où la nuit est grande, accompagné d’une bien fragile torche; découvrir quelques pépites, souffler sur les braises, voler le feu aux dieux.
C’est une expérience de soi à travers la matière sensible qui me compose. 
Chaque mot devient magique, dans le sens de produire des images, lorsque l’auteur décide d’y mettre toute l’intensité de l’instant, de l’être. Chaque phrase peut alors, tel un sésame merveilleux, ouvrir une brèche dans le roc, et j’ai découvert un bien étrange monde peuplé de désirs indicibles. En tremblant, j’ai fracassé quelques murs. J’ai agrandi l’espace du dedans. Au fond, une mer sombre s’agite et m’emporte, me malmène et me dépose, sonné, au pied d’une cathédrale taillée dans la lumière.
Des cordes vocales, quelques sons antiques résonnent, émergent, s’envolent et déchirent le ciel de part en part. 
Le corps devient un chaos sensible, tremblant, feuille dans le vent. L’appréhension se dessine muette dans le ventre, et puis une décision soudaine, évidente, puissante, arrache l’épée à la pierre, dévoile la langue, fait jaillir l’éclair. Etincelle, arc-en-ciel doré sur lequel il est possible de danser, en équilibre, maintenant.
Je dirais, pour conclure cette première année au labo NOs LIMITes, qu’il m’est devenu évident que conter est un engagement. Que cet engagement est une exploration vocale pudique, ludique, intime et partagée dans ce qu’il y a de plus étonnant: soi, les autres à travers les histoires."





Un stage de 3 jours sur l'île de Vassivières en Aout 2013 ( Festival International du Conte) celui là , les stagiaires l'on nommé : "ON S'en FOUT"

 "Nous sommes douze conteurs, d'horizons divers. Nous venons de passer trois jours passionnants auprès d'une grande pro. Trois jours de travail dense, précis, sauvage et nourrissant. Audace. Eclats de rire. Dépassement. Pour ta générosité, ta bienveillance et topn exigence, merci Myriam Pellicane."





MYRIAM PELLICANE - Parcours

 
Raconter des histoires, je ne sais pas à quoi ça sert, c'est une arme, une sorte de pouvoir personnel qui se trouve dans l'invention de son propre langage, c'est une façon de partager un tatouage secret, je peux mettre des visages sur les gouttes de pluie ou mettre des tournesols à la place de la tête des gens, tout dépend de ce qui se passe au moment où je raconte.



Les histoires agissent sur la vie intérieure, elles parlent du monde.

Je m'appelle Myriam Pellicane, je suis conteuse depuis 13 ans, j'ai crée la Compagnie Izidoria en 2005 parce que pour moi le travail de recherche est aussi important que la représentation.

Cette compagnie rassemble des artistes de toutes disciplines, des aventuriers.



J'ai grandi en Algérie, puis dans le neuf trois, durant 20 années de ma vie j'ai travaillé à l'usine comme 0S4, puis comme serveuse, je faisais des boulots alimentaires, sales et épuisants, je voulais devenir magicienne. J'étais révoltée.

Je suis devenue conteuse en 2000, c'est ma façon d'être en société.

Mon histoire personnelle influence certainement mon travail : j'ai en effet expérimenté la scène punk-rock dans ma jeunesse, mais je n'ai aucun penchant pour le récit de ma propre vie. J'ai le désir, à travers les contes merveilleux et le mythe de toucher la question de la condition humaine.



ce qui m'intéresse dans les histoires, c'est quand le héros se heurte aux désillusions et aux déceptions. Il s'agit pour moi de raconter pour voir, voir la mort, percevoir la pulsation du monde et des créatures qui l'habitent. Les exclus, les personnages peu ordinaires aiguisent mon attention : le monde aussi leur appartient et ce qu'ils font de leurs vies m'ouvrent des perspectives stupéfiantes qui nourrissent ma démarche.



Si je devais dire des généralités, le roman met en valeur les sentiments, le cinéma met en valeur l'atmosphère et la distance entre les gens, le conte met en valeur l'action et le sacré. Le théâtre est plus intellectuel, il dresse des portraits psychologiques précis : pour moi le conte n'a pas de personnages définis, il nous plonge directement dans une réalité. Quand le conte se libère du livre, il cesse de faire du folklore et de l'anthropologie, il révèle ce qu'il contient par essence : le voyage  et la tâche d'un conteur est bien de rénover la carte, la trajectoire...





Le concept général de ma parole conteuse est une attention particulière portée sur la voix et le corps ( bien plus que le sens) qui suit pas à pas l'action en cours.

Ma propre voix est aussi importante que la musique qui raconte avec moi ou l'oiseau qui m'accompagne ou le vent dans les branches, ou la rumeur du public, il n'y a jamais pour moi de fond sonore. Afin de maintenir cette écoute organique, je travaille depuis plusieurs années avec Mireille Antoine et Vicente Fuentes sur l'exploration vocale, (tous deux issus du Roy Hart).

Il en va de même pour le corps qui bouge en prémisse aux mots, un corps attentif à trouver l'honnêteté et le rythme propre à une histoire.

Eric Delbouys, batteur et improvisateur, avec qui j'ai beaucoup joué, m'a justement appris à trouver ce rythme en plaçant son exigence sur le fait que ce rythme n'est pas le mien, mais celui du monde où de l'histoire en cours.

Par ailleurs, Didier Kowarsky qui dirige souvent mes projets artistiques m'a transmis cet état de conteur « abstrait », celui du conteur qui se laisse dévisager, celui du conteur « sans visage » qui se trouve en scène comme un enfant abandonné au coeur d'une monstrueuse machine à vapeur (qui serait l'histoire) et qui d'un coup, sans y avoir pensé et sans la moindre hésitation, tourne un écrou et s'aventure. C'est ainsi que je touche à l'intention contenue dans les histoires.



Je suis au quotidien de mon métier en lien avec des adolescents, je me sens proche de leur royaume, de leurs secrets et toute la richesse contenue dans la culture manga, leurs questions sur la nature humaine et leur errance.



Je soutiens aussi la jeune génération de conteurs à travers la formation ponctuelle que je mène avec des conteurs professionnels sur le thème du conteur et ses interdits, notamment un micro labo de la Maison du Conte de Chevilly Larue, intitulé : « No(s)Limit(s) » et d'autres équipes impromptues. Avec ces nouveaux talents, je tente de transmettre mon énergie et mes doutes et la nécessité d'une discipline dans ce travail audacieux. Le conteur est un voleur d'histoires, il s'agit de revenir aux origines : le conteur est un brigand des grands chemins, un poète, un vagabond céleste.






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